Sciences
Questions de Société
Environnement
Alimentation
Santé
Développement personnel
Sciences Parallèles
Animaux
Art de vivre
Témoignages
Association Montagne Verte
Dossiers
Ecoutez des extraits
Revue de Presse
 



 
AU PAYS DU TÉLÉTHON...
Sept. - oct. 2009


Comme d’habitude à même époque, je viens de recevoir ma 2ème « convocation/incitation » à participer au Téléthon.
Oserais-je vous dire que je ne donne pas un euro pour cette cause ? Donner, donner, donner… tel est le mot d’ordre de cette action. Donner à qui ? … et pour quoi ?
J’ai eu le grand plaisir d’interviewer Christian Vélot* en mars 2008. Voici, en résumé, ses propos sur le Téléthon : Le facteur limitant dans la vitesse de progression sur les maladies génétiques n’est pas l’argent. Le budget annuel du Téléthon, c’est plus que le budget annuel de l’INSERM tout entier. Le problème, ce sont les idées. D’où viennent les idées ? De la recherche fondamentale. Au fur et à mesure que le Téléthon a battu des records en remplissant ses caisses, les gouvernements successifs se sont déresponsabilisés en donnant de moins en moins. Les plus touchés ? Ceux qui font de la recherche désintéressée et qui ne peuvent être financés que par de l’argent public.
Donner au Téléthon signifie soutenir un certain type de recherche au détriment d’autres pistes.
Jacques Testard¹, dans un article intitulé «Thérapie Génique : la grande illusion ? » (Technology Review 3, 67-68, sept. oct. 2007) précise, en parlant du Téléthon : « […] à coups de promesses toujours réitérées, et grâce à la complicité de personnalités médiatiques et scientifiques, cette opération recueille des dons dont le montant avoisine celui du budget de fonctionnement de toute la recherche médicale en France.
Cette manne affecte dramatiquement la recherche en biologie puisque le lobby de l’ADN dispose alors du quasi monopole des moyens financiers (crédits publics, industriels, et caritatifs) et intellectuels (focalisation des revues, congrès, contrats, accaparement des étudiants,…). Alors, la plupart des autres recherches se retrouvent gravement paupérisées - une conséquence qui paraît échapper aux généreux donateurs de cette énorme opération caritative… »
Et, entre nous, avec l’argent récolté depuis 20 ans, si cette piste était la bonne, ne croyez-vous pas qu’ils auraient dû trouver ?
De plus, la grande majorité des français ne veut pas d’OGM. Pourquoi alors soutenir cette forme d’approche du vivant ?
Jacques Testard, toujours dans ce même article expliquait : « La recherche en médecine est, depuis toujours, intimement liée à la notion de « progrès de l’humanité ». Mais cette vision aveuglante fait oublier que la thérapie génique, tout comme les OGM, a tendance à réduire la complexité du vivant en l'assimilant à une sorte de Meccano dont on pourrait changer les pièces. En suscitant de faux espoirs, la thérapie génique pourrait conduire à un échec d’autant plus douloureux qu’il aura été coûteux. »
A la question posée par le journal Alternatives-Santé (en 2000) concernant les progrès de la génétique et ses possibles performances curatives, il répondait encore : « C’est scandaleux. […] Les gens croient qu’ils donnent de l’argent pour soigner. Or la thérapie génique n’est pas efficace. Si les gens savaient que leur argent va d’abord servir à financer des publications scientifiques, voire la prise de brevets par quelques entreprises puis à éliminer des embryons présentant certains gènes déficients, ils changeraient d’avis. Le professeur Marc Peschanski, l’un des artisans de cette thérapie génique, a déclaré qu’on fait fausse route. On progresse dans le diagnostic, mais pas pour guérir. De plus, si on progresse techniquement, on ne comprend pas mieux la complexité du vivant. Faute de pouvoir guérir les vraies maladies, on va chercher à les découvrir en amont, avant qu’elles ne se manifestent. Cela permettra une mainmise absolue sur l’homme, sur une certaine définition de l’homme. »                                    
Et pour finir avec les sujets qui fâchent… J’ai reçu un mail où est reproduit le « coup de gueule » d’un lecteur du Républicain Lorrain daté du 16/12/2008 : « Le jeudi 4 décembre, sur France Info, la responsable de l’AFM (Association Française contre les Myopathies) faisait la révélation suivante (ceci après insistance du journaliste) : France Télévision soi-disant partenaire du Téléthon, facture 1 500 000 € les 30h de diffusion. C’est un véritable scandale, voilà où passe une partie des dons. […] » Francis, de Longwy              
L’organisation du prochain téléthon commence à peine. Peut-être pouvons-nous cette année utiliser notre temps et notre argent à meilleur escient ?

Puisse notre société être un peu moins manipulable… et un peu plus consciente du potentiel de ses « vrais » chercheurs…

¹Jacques Testard est directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), spécialiste en biologie de la reproduction, "père scientifique" du premier bébé éprouvette français, et auteur de plusieurs essais témoignant de son engagement pour "une science contenue dans les limites de la dignité humaine".

Interview disponible ici !


 


Votre panier :
Aucun CD
Aucun fichier


 

Accueil  |  Qui Sommes-Nous ?  |  Tarifs  |  Partenaires  |  Contact
Copyright © 2008 |  Conditions Générales de Ventes